A Madagascar, le chef de l'opposition Rajoelina devient le nouveau président Imprimer
3/18/2009 3:34:26 PM - Publié par webmaster@domain.com  


Près de deux mois après le début de la crise politique, Madagascar a un nouveau président. Le chef de l'opposition Andry Rajoelina prend les rênes de la Grande Île. Mercredi, la Haute Cour constitutionnelle malgache a validé l'ordonnance de transfert des pouvoirs à l'ancien maire de la capitale Antananarivo effectué par le directoire militaire. Quant au président démissionnaire, Marc Ravalomanana, personne ne sait où il se trouve. L'hypothèse de son départ en exil est évoquée avec insistance depuis quelques jours, l'essentiel de sa famille ayant déjà quitté le pays.
Lors de son premier discours en tant que président de Madagascar, Rajoelina a érigé la lutte contre la pauvreté au rang de priorité numéro un. "Je ferai tout mon possible pour que les Malgaches sortent de la pauvreté", a-t-il lancé devant 15.000 de ses partisans rassemblés au centre d'Antananarivo. "TGV", âgé de 34 ans, a promis de "faire baisser le prix du riz", qui est l'aliment de base dans un des pays les plus pauvres de la planète.

"70 % de la population vit avec moins de 1 dollar par jour "

Le nouveau chef de l'État a aussi annoncé une mesure symbolique : la vente de l'avion personnel de son prédécesseur, Force One , acheté avec des fonds publics. Avec l'argent de la vente, "on va monter un hôpital pour la santé du peuple, qui est prioritaire", a affirmé Rajoelina. L'acquisition de l'avion par Marc Ravalomanana avait déclenché les foudres de la population malgache et accentué le sentiment de confusion entre les affaires publiques et les affaires privées. Au point que sur la Grande Île, Ravalomanana était appelé par ses détracteurs le "Berlusconi de l'océan Indien".

Andry Rajoelina, ancien disc-jockey passé à l'action politique, a capitalisé sur ce mécontentement. Beaucoup de Malgaches jugent que les retombées de la croissance engrangées sous la présidence de Marc Ravalomanana ne leur ont pas profité. "Le niveau de pauvreté a continué d'augmenter, alors que l'île est déjà l'un des pays les plus pauvres du monde. Marc Ravalomanana a, c'est vrai, favorisé un certain dynamisme économique, mais la population malgache n'en bénéficie pas. 70 % de la population vit avec moins de 1 dollar par jour", explique au point.fr Philippe Hugon, directeur de recherche à l'Institut de relations internationales et stratégiques (Iris).
Imprimer

 


  © Ws-Webzine v1
  Ressource associée : http://www.lepoint.fr/actualites-monde/a-madagascar-le-chef-de-l-opposition-rajoelina-devient-le-nouveau/924/0/326573