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DÉVELOPPEMENT TECHNOLOGIQUE
L’ère de l’information

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L’avènement de l’informatique et de son support physique qu’est l’ordinateur cou-plé à la croissance sans cesse continue des capacités de stockage des microprocesseurs, a donné naissance à l’ère de l’information. Cette dernière est entendue au sens de données (images, sons, tex-tes,…) susceptibles d’être codées numé-riquement. En fait la science informatique fut le résultat d’un long processus ayant combiné l’intuition de génies pré-coces et universels comme le français Blaise Pascal, l’algèbre (Al Jabr) des savants musulmans comme Al Kwarizmi et celle de l’anglais George Boole, la logique des anglais Alan Turing et Ada Love-lace, et la transversalité scientifique du juif hongrois américain John Von Neumann.

Quant à l’information en tant que science quantitative, elle a eu sa grande théorie mathématique avec l’américain Shannon. Toutefois l’informatique a pu quitter les laboratoires de recherche pour atteindre le grand public grâce, aux entreprises géantes comme IBM, au génie technico-commercial de Bill Gates le fondateur de Microsoft, au bouillonnement scientifique de la Silicon Valley et surtout grâce à l’esprit « communauté ouverte » de Thorvald Linus le créateur norvégien de Linux. L’une des caractéristiques fondamentales de cette ère de l’information est le stockage numérique (sous forme de chiffres binaires 0 et 1) de données diverses.

Certes, toutes les anciennes civilisations essayaient de générer et de stocker l’information très souvent sous forme de chiffres décimaux. Ainsi les anciens babyloniens répertoriaient les actes commerciaux et législatifs sur des tablettes d’argiles (code d’Hammourabi par exemple). Quant aux égyptiens antiques, ils recensaient leurs richesses agricoles et pastorales sur des papyrus ou du granite. Ceci est illus-tré par une scène de recensement décou-verte dans le tombeau de Tchanouny. Toutefois la plus emblématique opération de recensement antique fut le dénombre-ment des hébreux (Banu Israël) par le prophète Moïse (Moussa) dans le désert de Sin (Sinaï) répertorié dans la Torah. Enfin à l’époque médiévale, les dizaines de milliers de guerriers du Kanem-Bornou étaient comptabilisés par l’Imam Ahmed Ibn Fourtoua le scribe de Idriss Alaoma. Mais toutes ces données susmentionnées étaient difficilement stockables sur des tablettes argileuses, des blocs de granite, ou du papier. En effet tous ces supports matériels de l’information étaient limités, car interdisant de manière rapide, la reproduction, la consultation, la mise à jour, et le partage. De plus les données de ces époques résultaient essentiellement du dénombrement. C’est donc l’informatique qui a consacré la rapidité, la génération rapide et massive des données, leur nu-mérisation, leur partage quasi instantané par le canal des réseaux comme Internet, et leur traitement par une multitude de logiciels.

Du coup, comme l’a noté le chercheur David Donoho de Stanford, l’heure n’est plus à la construction de cathédrales comme en Europe aux siècles passés, mais plutôt à la constitution de gigantesques bases de données soutenues par des capteurs et de réseaux partout présents surtout en Occident et particulièrement au USA. Ces réseaux constituent une immense toile d’araignée (web) qui capte tout un chacun. Ce besoin et cette invasion des données concernent presque tous les domaines. Ainsi toutes les structures nationales et internationales, essayent d’accumuler des données cartographiques, géographiques, sanitaires, démographi-ques, scolaires, agricoles, pastorales, hydrauliques, hydrogéologiques, minières, économiques, politiques, génomiques… ; pour pouvoir décider. Tout ou presque est numérisable, quantifiable: l’homme, l’argent, les biens, le mouvement, la vie, la mort, l’espoir, l’amour, les sentiments. En effet les chiffres (base de la numéri-sation) sont incontournables car ils sont des intermédiaires entre le foisonnement touffu du réel et l’austérité sèche de la formalisation mathématique. Les chiffres sont neutres et insensibles comme les 19 anges chargés de garder les enfers (Sou-rate coranique Al Hijr).
Les chiffres ne disent que la vérité même si l’esprit malin de l’homme peut tordre cette dernière en triturant les données (data dredging). Les chiffres permettent de résumer, de normaliser, de comparer, de prévoir, et de prendre une décision avec un minimum de risque; surtout grâce à la statistique qui est par excellence la science du traitement quantitatif de l’information. Les statistiques peuvent ainsi être utiles pour les pays africains « naviguant géné-ralement à vue ».

Pour ces derniers, si de plus en plus de citadins possèdent un ordinateur et utilisent Internet, la grande masse rurale de leur population est exclue du bal endia-blé de cette époque. De plus, l’utilisation de l’informatique et de l’email dans les administrations africaines reste marginale.

Par conséquent, ce sont les autres (surtout les puissants américains avec Google) qui ont cartographié et numérisé à l’échelle planétaire les villes, les villages, les forêts, les sous-sols, les puits, les pistes, les itinéraires, les champs, et même les pensées.
Pour le cas spécifique du Niger, à l’heure de la mondialisation, il n’échappe pas à la nécessité de normaliser, de recenser, de compiler et donc de recueillir des données. Le Niger fut mal classé une fois en termes de performance économique à cause des données manquantes.

Du coup de la SRDP (Stratégie de déve-loppement accéléré et de réduction de la pauvreté) à la promotion du genre en passant par les mines, la bonne gouvernance, la compétitivité, la santé, l’environnement, la justice… ; il faut des indicateurs, des chiffres pour le suivi et l’évaluation des progrès ou reculs enre-gistrés dans le domaine concerné. Malheureusement beaucoup d’acteurs de la vie économique et de décideurs ne comprennent pas toujours l’importance de stocker et d’analyser de l’information pour anticiper surtout par le « biais minimal » des statistiques. Ils risquent ainsi d’être en marge du progrès.

En effet se passer des données, c’est gé-néralement se passer de leur support : l’ordinateur.
C’est s’exclure soi-même du village planétaire reposant sur l’interconnexion, les réseaux. En définitive, l’ère de l’information est aussi celle de l’exclusion, de l’ostracisme, du racisme, de la fracture nu-mérique.

Par Dr. Aboubakar Maïtournam mathématicien (UAM/FS & MCN/LCVC/DS)

mercredi 18 mars 2009

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